On l’avait laissée à « L’Autre Bout Du Monde », on la retrouve trois ans plus tard à l’orée d’un « Pays sauvage ». Dans un coin perdu de l’Ardèche, où elle a planté ses racines et posé son barda, cet album s'est enrichi en route de rencontres, de fausses pistes et de jeux de langues. Chez elle, on entendait jusqu'ici surtout une voix, pleine de failles et de frasques ; on découvre un corps, qui pousse les chansons, enregistrées en fanfare avec des amis de passage (Moriarty, Herman Düne, Thomas Fersen, Sébastien Martel, Olivia Ruiz, Danyel Waro etc) à des cavalcades ivres, des gospels fervents, des folks illuminés. Comédie musicale qui devrait autant à l'excentricité joyeuse de Lewis Carrol qu'à la tendre noirceur de Charlotte Brontë, Pays Sauvage est un immense disque charnel.